Retour à la page d'accueil
Samedi 31 juillet 2010
La dictature de l'ambition

Pour certains elle est haïssable et pour d'autres, elle est indispensable... Qui a tort ? Qui a raison ? Trop ambitieux ou pas assez, il semblerait que trouver le juste ton dans notre désir de réussir n'est pas facile. Car au fond, qu'est-ce que l'ambition si ce n'est la volonté passionnée d'atteindre nos objectifs ? Le défi est de maîtriser cette passion pour ne pas la faire tourner à l'obsession : être ambitieux sans se tromper d’objectifs ou de moyens, avoir des désirs sans convoitise...


Rien que le mot « ambition » peut avoir une connotation négative, c’est d’ailleurs en cherchant des synonymes que je l’ai compris : en tête de liste on retrouve le désir, la soif, l’avidité. De quoi nous faire réviser nos objectifs !


ambitionNéanmoins, je crois sincèrement que sans ambition, il n’y a pas de grandes réalisations ni de rêves qui se concrétisent. Souvenez-vous, déjà tout petit vous rêviez de devenir pilote de formule 1, grand reporter, vedette de cinéma, astronaute (quoique) ou joueur de hockey.... Il est capital de croire à ses rêves et  y mettre toute son énergie pour les réaliser, cela personne ne vous le reprochera jamais. Mais alors, quel est donc ce savant dosage qui nous permettra de réaliser nos désirs sans développer des comportements excessifs ?


En fait, toute la question est là. De notre soif de réussite, de nos ambitions découle une stratégie pour atteindre nos buts. C’est dans sa mise en œuvre que nous pouvons être perçus comme prétentieux, avide de pouvoir, impatient et intolérant. Tout est une question de rythme et de mesure. Vouloir accéder trop rapidement au sommet de la hiérarchie ou rechercher la gloire à tout prix conduit inévitablement à des erreurs de jugement et de comportement : écraser ses collègues de travail, s’approprier les idées des autres,  ignorer les règles élémentaires d’éthiques, négliger son équilibre de vie, etc. Les conséquences  sont majeures et elles peuvent être fatales pour une carrière. J’ai rencontré à plusieurs reprises des candidats qui avait perdu leur poste suite à ce type  de comportements ou qui avait de la difficulté à replacer sur le marché du travail car ils paraissaient trop ambitieux en entrevue.


L’ambitieux compulsif ne laisse pas de place à l’écoute, il ne se remet pas en question et il n’est pas en ouverture. Au travail, cette attitude  crée des situations conflictuelles car les membres d’une équipe se lassent vite de l’individu et l’isolent, voire même le prenne en grippe. Quoi de plus frustrant que de côtoyer tous les jours quelqu’un qui veut toujours avoir raison, impose ses idées et qui ne prend jamais en considération l’avis des autres pour mieux se faire valoir devant la hiérarchie. Nous avons tous connus ce genre d’individus qui n’hésitent pas au début, à séduire leur entourage pour obtenir ce dont ils ont besoin et à le  rejeter une fois qu’ils n’ont plus rien à en tirer.


La perversion de l’ambition

L'ambition est pourtant un moteur puissant qui nous permet de matérialiser ce à quoi nous aspirons. Le piège consiste à ne pas se laisser déborder par un désir si intense qu’il nous coupe de la réalité. Le risque est de se laisser dévorer par notre ambition,  la laisser prendre le contrôle de notre destinée au point de nous transformer en un « carriériste opportuniste » au mépris des autres et finalement… de nous-même. Un trop plein d’ambition conduit souvent à rechercher un salaire plus élevé avec plus de responsabilités ou plus de pouvoir. Faut-il encore être capable d’assumer ces fonctions. Il y a toute une différence entre vouloir et pouvoir. C’est d’ailleurs peut-être là le principal danger : vouloir brûler les étapes.


Le professionnel brillant et talentueux est parfois sujet à ce genre de travers. Il saute de postes en postes et change d'entreprise tous les deux ans (ou même avant)  car il croit en avoir déjà fait le tour... jusqu'au jour où son profil n'est pas retenu parce qu'il manque de profondeur, de stabilité ou parce qu'il fait peur !. ``Le succès est un bien mauvais professeur car il pousse les gens intelligents à croire qu'ils sont infaillibles`` reconnaît Bill Gates lui-même !


Le point d’équilibre

Avoir l’ambition de fonder son entreprise, gérer la plus grande caisse de retraite, de concevoir des avions ou plus simplement d’être un bon parent ne se réalise pas seul et se construit sur plusieurs années. Cela implique aussi de faire preuve de flexibilité.  Le plan que l’on a en tête  doit pouvoir s’adapter à notre environnement et au contexte. Il peut arriver que pour atteindre notre objectif il nous faille plus de temps ou le support des autres. Il est nécessaire d’être toujours attentif aux signes que nous envoient notre entourage et même notre organisme qui, lui aussi, sait ce faire entendre à sa façon (par exemple les signes avant-coureurs de l’épuisement professionnel).


Plus nos ambitions sont élevées, plus il va falloir gérer notre impatience à vouloir les atteindre. Il faut savoir prendre du recul pour apprendre de nos expériences et pour mieux en tirer les enseignements nécessaires à notre avancement. Faire preuve d’humilité, écouter et apprendre des autres, se trouver un modèle ou un mentor pourra nous aider à avancer vers le but ultime.


N’oublions pas que nous ne sommes pas au service de nos ambitions, ce sont elles qui doivent l’être. L’oublier c’est perdre le contrôle de soi-même.


Retrouvez la chronique carrière de Nathalie Francisci en avant-première chaque mois dans Affaire plus


Rechercher un emploi

Administratif
Analyse d'affaires
Centre d'appel
Comptabilité Tenue de livres
Santé
Pharmaceutique
Informatique
Finance Comptabilité Gestion
Ressources Humaines
Juridique
Parajuridique
Gestion de projets
Ingénierie et technique
Commerce de détail
Ventes
Temps partiel