Essais cliniques: Travailler dans un laboratoire |Emplois.ca
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Travailler dans un laboratoire d’essai clinique

Le monde des essais cliniques comporte son lot de mythes. Il s’agit pourtant d’un milieu très encadré, où les technologues et coordonnateurs suivent de près les patients, s’assurent du respect des normes éthiques ou du déroulement adéquat des protocoles de recherche. Rencontre avec l’infirmière et coordonnatrice de recherche Marie Devaux, qui exerce à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).

Avant de commencer un essai clinique, c’est-à-dire l’évaluation d’une méthode diagnostique ou d’un traitement sur l’humain, il faut passer par l’étape du recrutement. « Je passe des annonces dans les journaux ou sur Facebook puis j’appelle les participants à qui je soumets des questionnaires pour finalement leur donner un rendez-vous à la clinique », explique Marie Devaux.

Actuellement, l’infirmière âgée de 23 ans travaille sur un protocole principal qui s’étale sur 18 semaines. Il est demandé aux participants de prendre des suppléments d’oméga 3 afin d’évaluer les facteurs de risque de diabète de type 2.

« On surveille leur sensibilité à ces suppléments, comme la sécrétion d’insuline, la position de l’intraveineuse, détaille-t-elle. Il est nécessaire de faire régulièrement des prises de sang et d’être à l’affût du moindre changement. »

Lorsqu’un événement indésirable se produit, Marie Devaux doit le soumettre au comité d’éthique. « Parfois, il peut y avoir un risque d’infiltration avec l’intraveineuse si le cathéter est mal installé, ça enfle et ça peut générer de la douleur, souligne-t-elle. Cette situation doit être déclarée pour déterminer s’il faut réévaluer le formulaire de consentement, par exemple. » Des rapports annuels doivent également être produits et transmis à ce comité.

Lien avec les patients
Les participants à l’étude en cours viennent passer quatre journées complètes par semaine à l’IRCM. « On passe beaucoup de temps avec eux, alors on finit par bien se connaître, témoigne Marie Devaux. Il y a des gens avec qui on crée de vrais liens. »

La flexibilité permise par le travail en laboratoire plutôt qu’à l’hôpital permet également d’être plus attentifs aux besoins des patients. « On peut se concentrer sur une personne, car on se sent beaucoup moins surchargé », affirme-t-elle.

La coordonnatrice de recherche a toutefois moins l’impression d’aider le patient directement, comme c’était le cas lors de ses stages en milieu hospitalier. « Je faisais plus de la relation d’aide, car les gens allaient souvent moins bien et étaient plus reconnaissants », nuance-t-elle.

À l’inverse, en laboratoire d’essai clinique, la plupart des participants sont « sains » et il est rare de les recroiser lorsque les études sont terminées. Ce sont souvent des personnes motivées à faire avancer la science ou qui désirent plus d’information sur leur état de santé.

Marie Devaux côtoie donc beaucoup de patients, mais elle exerce également son métier aux côtés de plusieurs autres infirmières, assistants de recherche et étudiants en nutrition, notamment.

En équipe, ces personnes s’assurent d’arriver à leur objectif : améliorer des traitements ou en créer de nouveaux. « On réalise à quel point le travail en laboratoire d’essai clinique peut influencer la pratique technique », s’exclame-t-elle. La communication entre le labo et la clinique est en effet primordiale pour tenir les médecins informés des différentes avancées.

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