Travailleurs non traditionnels : une tendance à surveiller
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Travailleurs non traditionnels : une tendance à surveiller


Travailleurs non traditionnels – Pigistes, travailleurs autonomes, contractuels, télétravailleurs, consultants… Les travailleurs non traditionnels sont de plus en plus nombreux. Suivant les réalités du marché du travail, qui n’en a que pour la flexibilité, l’adaptabilité et les modèles d’affaires et de recrutement dits « agiles », ils constitueraient désormais 20 à 30 % des travailleurs canadiens. Petit survol d’une tendance qui prend de l’ampleur.

Qui sont-ils ?

« Quand on pense aux pigistes, on pense tout de suite aux jeunes, qui sont effectivement plus enclins à démarrer leur propre microentreprise ou à travailler à leur compte, explique Jocelyne LeBel, conseillère en développement de carrière et ressources humaines. Mais la tendance existe également chez les 55 ans et plus. » En effet, ajoute-t-elle, une importante portion des travailleurs non traditionnels est constituée de gens en préretraite ou nouvellement retraités, qui se lancent en affaires pour complémenter leur revenu ou, tout simplement, parce qu’ils en ont envie. « On entend souvent parler d’employés nouvellement retraités que leur ancien employeur recontacte pour avoir recours à leurs services en tant que consultants, par exemple. Beaucoup de gens, après la retraite, se sentent encore très en forme. Ils ont envie de continuer de travailler, surtout dans un contexte qui leur permet de le faire par plaisir et sous leurs propres conditions. »

Chez les plus jeunes, de nombreux facteurs seraient en cause dans l’augmentation du nombre de travailleurs non traditionnels — le désir de faire son propre horaire, de faciliter la conciliation travail-famille, d’être jugé selon ses compétences ou d’entretenir des rapports professionnels plus égalitaires que hiérarchiques, par exemple —, mais elle s’expliquerait en partie par les grandes transformations remarquées au sein du marché du travail. « La notion de stabilité d’emploi n’est plus ce qu’elle était, explique Jocelyne LeBel, et certains se sentiront plus en contrôle en tant que travailleurs autonomes.

Du côté des entreprises, engager des contractuels en fonction des besoins, sans alourdir sa masse salariale, sans fournir d’outils de travail, sans offrir d’avantages sociaux, sans agrandir son espace de bureau et sans assumer les frais reliés à l’embauche d’employés permanents, est un important motivateur financier. » Les travailleurs, eux, s’ils y gagnent en flexibilité, doivent faire preuve d’une grande discipline pour arriver à maintenir un revenu décent. Ils doivent aussi faire leur propre comptabilité, organiser leur horaire et, surtout, trouver un juste milieu entre un tarif horaire et les nombreuses heures de préparation, de recherche et de gestion effectuées au-delà des heures facturables.

Loin des yeux, loin du cœur

« Il serait faux de croire que faire ses propres horaires signifie travailler moins », précise Mme LeBel. Au contraire, les travailleurs autonomes affirmeraient souvent qu’ils sont « toujours un peu en train de travailler ». La frontière entre leur vie professionnelle et privée est pour ainsi dire inexistante. De plus, ils pourraient parfois souffrir de leur non-participation à la vie quotidienne en entreprise. Pour plusieurs, l’absence de contacts sociaux, de travail d’équipe et de relations professionnelles conviviales peut mener à un certain isolement. « On remarque aussi que les travailleurs à distance, qui ont pourtant souvent obtenu le privilège du télétravail après avoir prouvé leur fiabilité, sont moins souvent considérés pour une promotion, par exemple, en raison de leur absence du bureau. C’est l’envers de la médaille lorsqu’on est jugé uniquement sur sa performance professionnelle. »

Les travailleurs non traditionnels sont-ils donc l’avenir du marché du travail ? En partie. Bien qu’ils occupent de plus en plus de place dans certains secteurs, comme les technologies de l’information, l’ingénierie, la finance et les ressources humaines, d’autres secteurs continuent de résister à la tendance et cherchent plutôt à adapter leurs stratégies pour retenir leur main-d’œuvre qualifiée.

Le succès d’une carrière non traditionnelle florissante et productive, conclut Jocelyne LeBel, est tout simplement la passion. « Quand on aime ce qu’on fait, aucun obstacle n’est insurmontable ! »


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